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La pire première journée 1/2

Tout juste recruté ? Pionnier de votre entreprise ? Quelle que soit la situation, nous avons tous affronté l’épreuve de la première journée. Si vous avez le sentiment que celle-ci ne s’était pas très bien passée, L4M vous invite cette semaine à relativiser, grâce au récit de la pire première journée.

Vous ouvrez doucement les yeux. Vous ressentez déjà cette impression étrange que vous réveiller de vous-même n’a rien d’un bon augure. Quand vous observez la fenêtre en face de votre lit, vous distinguez par les petits trous du volet fermé qu’il fait déjà jour. Ça y est, l’horreur commence à monter dans votre esprit. Plein de crainte et d’espoir, vous saisissez votre smartphone pour regarder l’heure. 8H30. Et là, c’est le drame. C’est votre premier jour, vous commencez dans 30 minutes et vous êtes encore en pyjama, les cheveux en bataille, les yeux bouffis, affamé… Bref, pas frais.

Urgence oblige, vous courez dans votre salle de bain : dilemme. Douche ou lavabo ? Pas le temps pour la douche. Oui, mais la toilette au lavabo tout de même, c’est pas top. Oui, mais c’est mieux que rien non ? Mais la douche serait plus efficace. Mais plus longue. STOP ! Vous perdez de précieuses secondes ! Si vous étiez entré dans la salle de bains sans vous poser de questions, vous auriez eu le temps de prendre une douche (très) rapide. Maintenant trop tard, il est 8h40 et vous n’avez clairement plus le temps. Tant pis, vous vous contenterez du mélange déodorant / parfum.

Vous foncez maintenant vers la penderie pour vous habiller. Au passage, vous vous cognez le petit orteil sur le coin d’une porte. Ben oui, sinon c’est pas drôle. Vous terminez le trajet à cloche-pieds, et dans la pénombre, saisissez une chemise sur un ceintre, votre pantalon de costume, la veste et la cravate dans la main. Vous enfilez votre paire de chaussettes et vos chaussures, attrapez votre cartable, mettez un morceau de pain dans la bouche et sortez le plus vite possible. Ce n’est en qu’entendant le claquement sec de la porte que vous être pris d’un nouveau sursaut : vous avez laissé vos clés à l’intérieur. Votre estomac se noue, mais vous n’avez pas le temps de vous agenouiller sur votre paillasson en levant les mains au ciel pour lancer un cri déchirant dans tout l’immeuble.

Évidemment, l’ascenseur est en panne depuis 3 semaines et vous allez devoir descendre vos 6 étages par les escaliers. Dans votre précipitation, vous glissez et descendez 4 étages sur le derrière. Voyez le côté positif, votre descente a été plus rapide que prévue. Pas refroidi par cette chute, vous descendez les deux derniers étages le plus rapidement possible, et sortez de l’immeuble en courant. Vous sentez le regard des passants sur vous mais peu vous importe. Vous vous précipitez dans le métro, évitez de justesse une deuxième glissade, et entrez in extremis dans la rame. Vous regardez votre téléphone : 8h57. Dans 3 minutes, vous serez officiellement en retard.

8 minutes de métro plus tard, vous sortez de la rame, courez dans les couloirs interminables de la station, dépassez tout le monde dans les escalators. Jusqu’au milieu de celui-ci. Là, vous vous trouvez derrière une dame âgée, cheveux blancs frisottants et cabas à motif écossais en plein sur votre passage. Obligé d’attendre que l’escalator arrive en haut de son cheminement, vous contenez avec une volonté extrêmement puissante, l’envie de pousser mémé et de partir en courant avec le sentiment d’avoir au moins remporté une petite victoire dans cette journée. Ravalant vos instincts les plus sombres, vous arrivez enfin dehors. Vous contournez la vieille dame et courez encore vers les portes de l’entreprise.

Shelter from the storm of crisis

Vous slalomez entre les passants et vous commencez à entrevoir une issue moins négative que prévue, quand en un clin d’œil, vous bousculez une femme qui tenait son café dans la main. Le couvercle saute, et vous vous retrouvez tous les deux bénis du Latte Grande de Madame. Vous la regardez 1 seconde dans les yeux avec une expression mêlée de surprise et de gêne, mais vous n’avez toujours pas le temps de vous attarder. Vous criez un « désolé ! » et reprenez votre course, laissant la passante pantoise.

Enfin, les portes apparaissent. Vous n’y croyiez plus mais vous voilà. Une fois devant la porte, vous regardez l’heure : 9h10. Vous êtes dans le quart-d’heure de politesse. C’est toujours ça. Vous sonnez sans tarder, et entrez dans le hall. D’un pas décidé et rapide vous vous glissez dans l’ascenseur et montez au 3e étage.

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