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Que risque-t-on à mentir sur son CV ?

L’objectif du CV étant avant tout de taper dans l’œil des recruteurs, mentir sur son parcours est aujourd’hui devenu pratique courante. Qu’il s’agisse de véritables mensonges ou de simples enjolivements, les candidats sont de plus en plus nombreux à tenter de détourner la vérité à leur avantage.

En théorie, la loi du 31 décembre 1992 prévoit que l’employeur a le droit et le devoir de vérifier les informations présentes sur un CV. Mais dans la pratique, les recruteurs français, contrairement à leurs collègues anglo-saxons, ne peuvent pas systématiquement prendre le temps d’examiner à la loupe les candidatures qu’ils reçoivent. Pour beaucoup, l’entretien est devenu l’ultime occasion de tester la véracité des dires des candidats pour mettre à jour d’éventuels mensonges.

Le dernier exemple en date nous vient de Haute-Vienne. En réalité, celui qui se faisait appeler Pierre Gaillard et avait pris ses fonctions le 1er novembre 2011 pour diriger l’aéroport international de Limoges n’était autre qu’un escroc. Il avait notamment falsifié son CV, prétendant ainsi être diplômé de l’ENAC (Ecole Nationale de l’Aviation Civile). Arborant fièrement une rosace de la Légion d’honneur lors de son entretien d’embauche, il n’avait pas hésité à se faire passer pour un pilote de chasse ayant même, soi-disant, héroïquement participé à certaines guerres, en particulier en ex-Yougoslavie et au Liban.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, ses collègues n’avaient rien remarqué! « Personne n’a eu l’esquisse d’un début de soupçon. Il a totalement fait illusion » a d’ailleurs déclaré Jean-Pierre Limousin, directeur de la chambre de commerce et d’industrie de Haute Vienne. Mais toutes les bonnes blagues ont une fin et l’usurpateur a finalement été démasqué. A l’heure actuelle, la CCI n’a pas encore déposé de plainte contre l’homme de 44 ans qui a été licencié sur le champ, sans préavis ni indemnités et une enquête judiciaire vient d’être ouverte contre lui.

Ainsi, si vous décidez de mentir sur le contenu de votre CV, prenez bien le temps de réfléchir aux conséquences. Une fois démasqué, l’auteur d’un CV truqué a de fortes chances d’apparaître dans la « Black List » des recruteurs et d’être grillé auprès de toute la profession ! Sur le plan juridique, les fraudeurs peuvent être poursuivis pour faux et usage de faux ou encore pour exercice illégal de la profession. Ainsi, les peines peuvent aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende !

Et à ce prix là, ça vaut le coup de croire en vous et en vos compétences, vous ne trouvez pas ?

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