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Le sport en entreprise : tu peux toujours courir !

Seulement un peu plus d’un français sur dix déclare pratiquer une activité physique au moins deux heures par semaine. Et pourtant, ils sont 88% à voir un lien de cause à effet entre pratique sportive et santé. Cette ambivalence mérite qu’on s’y attarde…

L’Organisation Mondiale de la Santé préconise de faire 30 minutes de sport par jour, cinq jours par semaine, ceci afin de lutter en amont contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires. Dans le même temps, la sédentarisation de la société s’accentue : développement des moyens de transport et amélioration du cadre de travail (ordinateur) sont les principales causes de l’inactivité et de l’immobilisme observées aujourd’hui. Si tous s’accordent à dire qu’il faut faire du sport, dans les faits on est bien loin de cette réalité, et ces belles paroles ne sont pas souvent transformées en actes…

En entreprise, sur « 48% des Français qui s’adonnent à l’exercice physique, seulement 13% le font sur leur lieu de travail » d’après le Centre d’Analyse Stratégique. Pourquoi si peu d’engouement autour du sport en entreprise ? Si historiquement le sport fut un outil de contrôle des salariés, ce n’est aujourd’hui bien évidemment plus le cas. Les salariés sportifs auraient-ils peur d’un retour à cette instrumentalisation du corps ? Evidemment non, quoique…

Baisse de l’absentéisme, amélioration de la productivité, augmentation du bien-être des salariés…de nombreuses raisons mettent en avant les bienfaits du sport en entreprise, et pourtant son développement tarde ! A qui la faute ? Les salariés ? Les entreprises ? Les deux ?

Certaines entreprises jouent le jeu (c’est le cas de le dire), comme l’entreprise Toyota à Onnaing. Elle propose un service d’Activités Physiques et Sportives (A.P.S.) adaptées aux différents postes de travail (les ouvriers travaillant à la chaîne se voient ainsi proposer des exercices pour soulager leur dos par exemple) mais également un stage de remise en forme de 15 jours pour chaque nouveau collaborateur. Cette entreprise reste malheureusement une exception. En effet, de nombreux obstacles freinent les ardeurs des chefs d’entreprises pour favoriser cette pratique : investissement en matériels, manque de place et d’infrastructures, réorganisation du temps de travail, peur d’une perte d’implication des salariés dans leur travail…

le sport en entreprise

Les entreprises ne sont cependant pas les seules responsables. En effet, les salariés eux-mêmes sont aussi réticents à faire entrer une partie de leur vie personnelle dans la sphère professionnelle. Se montrer en tenue décontractée ou en plein effort devant son responsable peut être gênant. Partager les vestiaires aussi… L’idée reçue associant sport et compétition est également tenace dans l’esprit des pratiquants. Se confronter aux autres et réaliser des performances sont une facette du sport, mais hors compétition, la pratique sportive de loisir, pour le plaisir, pour se détendre, en est une autre… Et quand cette facette est bien perçue, c’est la peur d’être jugé comme moins impliqué dans son travail qui empêche le salarié de s’adonner à sa pratique.

Aussi, toutes les excuses sont bonnes à prendre pour éviter l’activité physique, mais à y regarder de plus près, lorsqu’on voit les bienfaits de l’activité physique, tant pour l’entreprise que pour le salarié, la question de savoir si le jeu n’en vaut pas la chandelle mérite d’être posée ! A bon entendeur…

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