Interview Isabelle DEBLOCK – Directrice – « Chez Promotrans, la formation en alternance est désormais la norme »

Depuis plus de 50 ans, le Groupe Promotrans forme aux métiers du transport et de la logistique au sens large, avec 5 centres de formation repartis dans la région. Quels types de formation proposez-vous et à quels publics s’adressent-elles ?

L’offre du Groupe Promotrans repose sur un réseau national comprenant 27 sites en France, œuvrant à la fois sur la formation continue et la formation initiale par alternance, sur les métiers  suivants :
– Transport de marchandises,
– Transport de voyageurs,
– Logistique,
– Maintenance des véhicules industriels,
– Sécurité.

Les niveaux de formation intégrés dans notre offre vont du niveau 5 au  niveau 1 selon la nomenclature de 1969. Le Groupe Promotrans possède des titres inscrits au « RNCP », sur les niveaux 3, 2 et 1.

Le groupe Promotrans propose des formations diplômantes et qualifiantes en alternance ou par le biais de la formation continue.

Formation diplômantes :
– Master universitaire en partenariat avec l’Université Lille Cote d’Opale – Gestion de la Production et des achats – Transport et Logistique (Niveau Bac +5)
– BTS Transport et Prestations Logistiques (Niveau Bac +2)

Formation Qualifiantes :
– Titre de Manager des Opérations Logistiques Internationales (Niveau Bac +5),
– Titre de Responsable de la Chaîne Logistique en partenariat avec l’Ecole Supérieur des Pays de la Loire (Niveau Bac +3),
– Titre de Technicien Supérieur en Méthodes et Exploitation Logistique (Niveau Bac +2),
– Titre de Technicien en Logistique d’Entreposage (Niveau Bac).

Ces formations sont accessibles par le biais de l’alternance dans le cadre d’un contrat de professionnalisation ou d’apprentissage mais s’adressent aussi aux personnes salariées d’entreprise ou demandeurs d’emploi en reconversion professionnelle.

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La région Hauts-de-France voit les projets liés au transport et à la logistique se multiplier sur son territoire, avec du coup de nombreux besoins en main d’œuvre et en formation. Quels sont, selon vous, les atouts de la région sur ce secteur ?

Dans les prochaines années, la région Hauts-de-France devrait effectivement voir son potentiel logistique croître avec la mise en activité de très nombreux projets majeurs :  le Canal Seine Nord Europe, les autoroutes ferroviaires, Calais Port 2015, ou encore le projet Horn sur le Grand Port Maritime de Dunkerque.

D’autres projets territoriaux ont été initiés pour développer les équipements fluviaux (Escaut, Deûle, Lys) et ferroviaires (nouvel itinéraire de transit Valenciennes-Mons).
Les acteurs économiques du territoire ne cesseront de s’investir pour faire de ce secteur un moteur de création d’emplois et d’attractivité pour les entreprises et pour les territoires de la région des Hauts de France.

Le parc logistique des 130 entrepôts de plus de 10 000 m² représente ainsi une surface totale de 3,5 millions de m². Le marché est particulièrement dynamique et confirme la reprise engagée en 2009. Plusieurs opérations majeures, créatrices d’emplois logistiques, ont été menées ces dernières années dont par exemple l’installation de Roussel International (13 000 m²) à Halluin, Lidl à la Chapelle d’Armentières (41 200 m²), GIFI à Sin le Noble (74 000 m²), Oxylane à Lompret (30 000 m²), Sotralim à Grande-Synthe et l’implantation d’Amazon à Lauwin-Planque (90 000 m²) sur lequel une extension de 12 000 m² est en cours.

Les évolutions en cours que connaissent les secteurs de la logistique et du transport de fret nécessitent pour les entreprises de recruter de nouvelles compétences. Le seul développement du numérique exige la présence aussi bien de techniciens que d’ingénieurs au sein des entrepôts logistiques.

La problématique de la formation des professionnels (actuels et futurs) du secteur est donc un enjeu majeur pour les acteurs spécialisés. Le campus Euralogistic, pôle d’excellence régional, œuvre dans ce sens pour le développement des activités du transport de marchandises et de la logistique. Cette structure regroupe plus de 500 acteurs de la logistique et présente une mission de mise en réseau, de perspective, d’intelligence économique, d’ingénierie, de promotion territoriale et de communication.

Il s’agit avant tout de proposer des formations auprès des professionnels afin de les former aux nouvelles pratiques de l’entreprise. Aujourd’hui, le Nord-Pas de Calais dispose d’une offre de formation riche et variée formant l’ensemble des profils nécessaires au secteur (du CAP au Bac +8). Ces formations sont dispensées par des établissements aussi bien publics que par des organismes privés tels que de Promotrans.

 

Quels sont selon vous les métiers d’avenir dans la filière transport/logistique ? Quelles formations offrent actuellement les meilleurs débouchés ?

Commerce électronique, outils informatiques, internationalisation… Les métiers du transport et de la logistique évoluent et sont donc amenés à recruter de jeunes diplômés pour faire face à leurs nouveaux besoins.

Les postes se trouvent autant chez les prestataires en logistique que dans les entreprises qui gèrent elles-mêmes leur transport. La pression liée à la gestion des coûts est importante et maintient les besoins en recrutement. En termes de formation, le bac pro logistique représente un premier niveau de diplôme, suivi, par exemple, du BTS (brevet de technicien supérieur) transport et prestations logistiques ou du DUT (diplôme universitaire de technologie( gestion logistique et transport. Ces deux diplômes bac+2 conduisent à des postes opérationnels en entrepôt ou en agence.

Chez Promotrans, une formation très spécialisée, le TSMEL (technicien supérieur en méthodes et exploitation logistique), permet de devenir responsable d’entrepôt. Si le niveau Bac+2 est bien représenté, les entreprises apprécient de plus en plus les diplômés Bac+3 : licence professionnelle ou bien titre certifié de RCL (responsable de la Chaine Logistique], proposés chez Promotrans.

Chez Promotrans,  la formation en alternance est désormais la norme, et la maîtrise de l’anglais est indispensable au fur et à mesure que l’on prend des responsabilités.

Nos métiers ne sont pas toujours bien connus et pourtant ils sont au cœur de nos vies, puisque c’est le transport en commun de marchandises qui apporte chez nous tous les biens de consommation dont on peut avoir besoin. Le transport routier représente deux tiers des effectifs, et le responsable d’exploitation, poste accessible après un BTS, est très demandé. Côté logistique, il y a un peu moins de métiers en tension, mais on recherche toujours des mécaniciens, capables de gérer la maintenance, l’entretien et la réparation des véhicules. Il y a aussi un fort besoin en management intermédiaire, aussi bien côté transport que logistique, pour des postes de chefs d’équipe, par exemple. Nous recherchons aussi des techniciens avec des compétences en développement informatique, capables d’organiser des livraisons et de développer des fonctions informatiques pour réguler le flux.

Depuis une quinzaine d’années, les entreprises ont pris conscience qu’une bonne maîtrise de leur logistique accroît leur rentabilité et la satisfaction du client. Le secteur est en pleine mutation, le développement du e-commerce entraîne celui de la « e-logistique », qui, en retour, fait évoluer des environnements plus traditionnels, tels que les grandes surfaces qui développent le service de drive-in, par exemple. Un grand nombre de formations de niveau Bac+2 existent, qui correspondent aux nombreux besoins commerciaux, en exploitation et de coordination. Une bonne logistique nécessite des supports et des outils informatiques puissants qu’il faut optimiser. Et, dans un environnement international, l’anglais est indispensable ainsi qu’une autre langue – l’espagnol ou le chinois.

Cela a conduit les écoles de Transport et Logistique à créer des spécialisations dédiées à la logistique ou au supply chain. Le titre de Manager des Opérations Logistiques Internationales de chez Promotrans prépare les futurs managers de la logistique d’aujourd’hui et de demain.

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Quels conseils donneriez-vous à un jeune candidat qui souhaiterait faire carrière dans le secteur du transport et de la logistique ?

La Supply Chain prend une importance croissante dans l’entreprise, passant de l’exécution des opérations logistiques à une fonction générale de direction. Si certains savent vers quoi ils souhaitent évoluer, rares sont ceux qui connaissent précisément le moyen d’y parvenir. Ainsi, accéder à un poste de direction, aboutissement logique d’une carrière dans la gestion d’une chaîne logistique, implique le passage par diverses fonctions : pilotage & optimisation de flux, projets et opérations.

Cette démarche permet d’occuper des postes à la fois techniques, opérationnels, transversaux et managériaux. Faire carrière dans la Supply Chain implique d’acquérir une expérience à travers différents postes. Divers modes d’évolution sont possibles.

Le fait de passer par une fonction projet est un vrai plus pour faire évoluer sa carrière dans la Supply Chain car les « logisticiens » sont en mode projet de façon permanente.

Les fonctions de « pilotage » ou de « projet », apparaissent comme un point de passage utile car elles permettent :
– d’approfondir les connaissances conceptuelles et analytiques,
– d’acquérir des compétences techniques en relation étroite avec le système d’information (outils collaboratifs, ERP, logiciels de prévision, de planification, d’approvisionnement),
– d’être en interface avec différents services (ventes, marketing, service client, finances…) et de mener des projets transversaux pour mieux comprendre les besoins et processus internes et externes (fournisseur/client),
– d’être autonome, en maîtrisant objectifs, organisation, plan d’actions et gestion des ressources (gestion de projet).

Le passage par une fonction opérationnelle (Directeur de site, Responsable entrepôt, Responsable transport), avec une dimension managériale prédominante, est une étape souvent nécessaire dans une carrière Supply Chain.

En effet, elle développe fortement l’autonomie ainsi que la connaissance de la gestion des ressources humaines et budgétaires. Ce type de fonction requiert une large palette de compétences tant techniques que managériales : sens de la négociation, animation d’équipes, recrutement… La rigueur est indispensable car la fonction est soumise à de très fortes attentes et à des obligations de résultats :
– Respect des coûts et optimisation du taux de service en interne et vis-à-vis des clients,
– Sens du détail et résolution efficace et rapide des multiples problèmes du quotidien,
– définir ses motivations et priorités,
– acquérir une vision globale de l’entreprise,
– prendre des responsabilités,
– améliorer des compétences techniques,
– s’ouvrir à l’international.

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