Sieste au travail : un doux rêve mais une véritable plus-value

Alors que dans de nombreux pays la sieste au travail est une pratique courante et encouragée, comme par exemple en Chine où elle est inscrite dans la constitution comme un droit aux salariés, en France, cette pratique est très loin de faire l’unanimité : en tous cas pour les dirigeants d’entreprise J. Cette pratique possède une très mauvaise image dans notre pays : paresse et faiblesse sont les adjectifs utilisés pour qualifier les adeptes du p’tit somme en journée. Et pourtant, si la hiérarchie avait une idée précise des bienfaits de la micro sieste, peut-être serait-elle plus ouverte à la discussion…

« Il faut parfois accepter de perdre du temps pour en gagner »

En effet, plusieurs études ont mis en avant les bienfaits du petit roupillon en cours de journée. Comme les enfants, notre physiologie n’est pas faite pour rester en alerte toute une journée… Réflexe, aptitude intellectuelle, santé physique et mentale, récupération ou encore hausse de la productivité, autant de bienfaits apportés par cette pause. « Tous les neurologues du sommeil vous le diront. Le fait d’instaurer un système de sieste dans les entreprises est en tous points bénéfique », remarque le neurologue Christophe Petiau. La sieste au travail n’est donc pas l’apanage des fainéants et des tire-au-flancs mais peut s’avérer extrêmement utile dans la réussite des missions et objectifs fixés. Pour appuyer votre argumentaire, vous pouvez mettre en avant certains chiffres. La fatigue est un état physique insidieusement dévoreur de temps: une personne éveillée depuis 15 heures a autant de réflexes que si elle avait 0,5g d’alcool dans le sang. Comme l’écrit Bruno Comby, auteur de l’Eloge de la sieste, « la sieste répond à un besoin physiologique. Une sieste de 20 minutes après le déjeuner permet de récupérer 2 heures de sommeil ». Selon diverses études, 2 à 5 minutes de sieste suffisent à requinquer et 5 à 20 minutes de sieste renforcent les habiletés motrices et la performance. Une sieste de six minutes est aussi efficace qu’un repos d’une heure pour améliorer le processus de mémorisation.

De grands noms étaient adeptes du ronflement de milieu d’après midi : Léonard de Vinci, Napoléon, Albert Einstein, Picasso, et j’en passe. Si tous ces arguments ne suffisent pas à convaincre votre patron, peut-être que suivre la réussite de certaines entreprises l’y aidera… Vous pouvez lui parler de ce proviseur de lycée qui a instauré une salle de sieste pour ses enseignants dans l’Essonne. Mais on est en droit de se poser la question : à quand celle réservée aux élèves ? Vous pouvez également lui parler du droit chinois inscrit dans la constitution en faveur de la sieste des salariés (la réussite des entreprises chinoises peut appuyer votre argumentaire) ou de la possibilité offerte à certains salariés américains de piquer du nez librement. Ou encore de la mise en place de salles de repos au beau milieu des entreprises comme chez France-Télécom Orange à Lyon, le cabinet d’audit et de conseil PwC basé à Neuilly-sur-Seine ou encore chez Novius, une agence de communication digitale basée à Lyon où le PDG, pique régulièrement un roupillon entre midi et 14 heures dans la salle de sieste, au milieu de ses collaborateurs, « histoire de décomplexer tout le monde ». Poufs, tapis de sol, canapés confortables, massages ou encore espaces sonorisés meublent ces salles de repos.

Faire la sieste dans une bulle

Sinon, dans certaines entreprises adeptes du roupillon d’après déjeuner, des dispositifs sont mis ou seront bientôt mis à disposition des employés. Ainsi, ceux qui s’adonnent à leur moment de détente préféré pourront le faire dans les meilleures conditions et avec une efficacité prouvée et maximale. De la cabine à la bulle en passant par les espaces de relaxation individuels ou les espaces sonores et lumineux, de nombreux procédés sont inventés pour favoriser ce temps de récupération.

Et si votre entreprise refuse toujours de vous accorder « ce droit », il y a toujours moyen de ruser et pour cela voici quelques « combines » :

–          Prenez votre pause déjeuner au par cet allongez-vous sur l’herbe : évidemment il faut que le temps le permette…

–          Feintez le « je me sens pas bien » et dites à vos collègues que vous allez vous reposer quelques minutes… Allongez-vous sur votre bureau en toute impunité

–          Prenez une « pause toilette » à rallonge…

–          Dites que vous allez travailler dans une salle isolée et profitez-en…

–          Soyez franc et dites que vous allez dormir. Avec un peu de chance, votre boss trouvera ca drôle et ne vous prendra pas au sérieux. Vous pourrez ainsi dormir tranquillement.

Faire la sieste au travail de manière discrète

Et vous, avez-vous des anecdotes à ce sujet ? La sieste au travail, qu’en pensez-vous ? Avez-vous des combines à proposer ?

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